Ce billet n’a pas de rapport direct avec la Suisse mais je pense que l’art n’a pas de frontières. C’est un première mondiale: découvrez les chefs-d’œuvre du Musée Prado de Madrid sur Google Earth. Le 13 janvier dernier, le blog officiel de Google a annoncé que 14 tableaux avaient été numérisés en ultra-haute résolution (environ 14′000 millions de pixels) par Google, qui a aussi financé ce projet. Il a germé dans l’esprit de Mme Rivera (employée de Google) après une visite du musée. «Je me suis dit que les gens qui venaient n’avaient pas le temps ou la possibilité d’admirer les œuvres comme ils le souhaitaient et j’ai pensé qu’il fallait quelque chose qui permette de compléter la visite», a-t-elle indiqué à l’AFP. «C’est aussi un bon moyen pour tous ceux qui ne peuvent se rendre au musée, de faire connaissance avec ses chefs-d’œuvre», a-t-elle ajouté. On peut imaginer que cette initiative pourrait être étendue à d’autres musées, mais chez Google c’est le silence…
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Voici la marche à suivre pour la visite virtuelle du Prado:
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Activez le calque «Bâtiments 3D» (Le musée du Prado a été remarquablement bien modélisé). Dans «Infos géographiques du Web → Lieux → Aperçu, activez et double-cliquez le calque «Museo Prado». Vous vous retrouverez devant le musée.
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Cliquez le carré blanc sur l’entrée, une fenêtre avec 14 vignettes s’affichera.
Cliquez sur le tableau de votre choix pour accéder à sa fiche technique.
Voici la liste des œuvres que vous pouvez y découvrir:
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Rembrandt – Artémis, 154 x 143 cm (1634)
Dürer – Auto-portrait, 41 x 52 cm (1498)
Goya – Le 3 mai 1808 à Madrid, 347 x 268 cm (1814)
El Greco – Le chevalier à la main sur la poitrine, 65 x 81 cm (env. 1580)
Raphaël – Le Cardinal, 61 x 79 cm (env. 1510)
van der Weyden – La Descente de Croix, 262 x 220 cm (env. 1435)
Titien – L’empereur Charles Quint à cheval, 283 x 335 cm (1548)
Bosch – Le jardin des Délices, 389 x 220 cm (1500-1505)
Ribera – Le songe de Jacob, 233 x 179 cm (1639)
Tiepolo – Immaculée Conception, 155 x 281 cm (1767-1769)
Angelico – L’Annonciation, 194 x 194 cm (env. 1426)
Flandes – La Crucifixion, 169 x 123 cm (1509-1518)
Vélasquez – La famille de Philippe IV, ou Les Ménines, 276 x 318 cm (env. 1656)
Rubens – Les trois Grâces, 181 x 221 cm (env. 1635)
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Vous pouvez obtenir des informations supplémentaires en cliquant sur «Continue reading» (ces infos sont actuellement disponibles uniquement en anglais). Pour voir le tableau en haute résolution, cliquez sur «Browse this picture in ultra high resolution». Un effet visuel spectaculaire vous fera pénétrer dans le musée et vous vous retrouverez devant le tableau. Les commandes de zoom et de déplacement sont identiques à Google Earth (molette, double-clic, curseurs).
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Pour la démonstration, j’ai choisi le «Jardin des Délices» de Jérome Bosch. Les rectangles rouges montrent les détails illustrés ci-dessous.
(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)
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Le texte qui suit est extrait du manuel d’histoire Historama avec l’aimable autorisation de son auteur, Daniel Stevan).
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Les invités du Diable
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Au Moyen-Age, la noblesse et la religion imposent leur loi à laquelle nul n’échappe. Ceux qui ne s’y soumettent pas sont considérés comme des ennemis tout juste bons à être envoyés en prison ou au Diable. D’une manière générale, on rejette ceux qui sont atteints d’une maladie ou d’une infirmité, les considérant comme frappés par le péché: boiteux, lépreux, pestiférés et homosexuels en font partie. On évite de fréquenter les Juifs, ces coupables usuriers auxquels on emprunte tout de même de l’argent en cas de besoin. L’Eglise pourtant invite à secourir les plus démunis. L’homme du Moyen-Age est tiraillé entre son obsession d’atteindre le Paradis de Dieu et sa hantise de se retrouver dans l’Enfer du Diable. Cet état d’esprit est restitué de façon magistrale dans ce triptyque. Dans son «Jardin des délices», le peintre des Pays-Bas reprend toute l’imagerie parfois monstrueuse des églises romanes. Il montre un Paradis enviable où règne l’abondance, où les hommes vivent d’amour et de plaisirs même entre races différentes, jouant avec les animaux, habitant des maisons sphériques, des bulles, ou des palais végétaux aux couleurs fantastiques. Il montre aussi un Enfer effrayant où le châtiment est omniprésent, orchestré par le Diable, trompeur suprême, capable de se montrer sous les traits d’un beau jeune homme aguicheur pour mieux attirer ses victimes. Les pires des cruautés sont réservées aux guerriers injustes et profanateurs, aux clercs trompeurs, aux bonnes sœurs faussaires, aux joueurs vicieux, aux musiciens racoleurs, aux buveurs, aux luxurieux et autres avaricieux.
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Le personnage central en blanc est peut-être le Diable. Tout autour, les damnés: musiciens, clercs, guerriers, luxurieux.
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Un monstre diabolique dévore ses victimes.
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Une nonne séduit un homme pour lui faire authentifier une fausse relique.
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La numérisation de ce tableau a nécessité 1′600 clichés de 14 mégapixels chacun. Cela permet de découvrir des détails extraordinaires: touches du pinceau, craquelures, structure de la toile, traces de restauration qui ne seraient visibles qu’à la loupe. On peut passer des heures à explorer chaque tableau. Voyez plutôt:
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(Cliquez sur les vignettes pour les agrandir)






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Bonne visite virtuelle du Prado.